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30.10.2008
La pesanteur du passé et une crise bien présente
Les Constructeurs appliquent encore en 2008 des politiques qui étaient déjà contre productives il y a vingt ans. On n'en citera que quelques exemples , particulièrement nocifs en temps de crise et à proscrire par tous les temps.
Il y a, d'abord, le principe selon lequel on doit produire plus de voitures qu'il n' y a de clients pour les acheter. Le microcosme automobile aime les stocks, c'est évident. Certes, il y a quelque chose d'esthétiquement émouvant dans une étendue immense de voitures neuves soigneusement alignées, subdivisées par modèles, de toutes les couleurs. Charlot aurait pu le penser, nous l'avons fait. C'est l'age du fer. La question est: à quoi ça sert, le fer qui s'empile, s'accumule et se dégrade ? Voici quelques réponses, toutes absolument respectables et, ma foi, très honnetes: "les usines doivent tourner aussi régulièrement que possible" ; "les clients ne doivent pas attendre: il faut les livrer rapidement" ; "la logistique l'impose" ; "il faut exposer les modèles dans le réseau; gare s'il y a un vide dans les salons d'exposition, il faut etre en mesure de remplacer rapidement les voitures livrées à la clientèle" ; "les stocks stimulent les réseaux à la vente, pour éviter des frais financiers trop lourds".
Résultat des courses: l'industrie automobile est à peu près la seule à considérer les stocks comme une nécessité. Et maintenant, comme chantait (ou presque) l'autre, qu'allons nous faire du fer? Le fer enfonce les Résaux et alourdit les Constructeurs, précisément au moment où il faudrait répondre à la crise avec une agilité encore jamais constatée dans la profession. Nous payons très cher le caractère archaique de la production, du commerce et de la distribution de ce splendide objet qu'est l'automobile. Ne sachant rien en matière de production industrielle, nous ne parlerons que du commerce.
Pourquoi persiste-t-on , et c'est notre second exemple, à vouloir exposer des automobiles dans des salons d'exposition, alors que l'Internet nous permettrait d'en faire l'économie (des salons) ? Parce que personne n'achèterait une voiture sur la toile ? C'est un sujet que nous avons déjà traité ici meme; rappelons simplement que la solution est technique: les sites disponibles sont généralement anti commerciaux, soit parce qu'ils sont raccoleurs, soit parce qu'ils sont didactiques. Moins de salons, moins d'espace dans les salons, plus de virtuel intelligent.
Pourquoi (troisième exemple) des gammes de modèles si vastes ? La suppression d'un tiers des modèles proposés ferait-elle perdre une seule vente ? Non, parce que la multiplication par deux ou trois de l'offre n'en a pas fait gagner une seule. Une gamme vaste entraine avec elle des stocks persistants, des salons en expansion continue, des Concesssions trop vastes, et des frais financiers, amortissements et autres billevesées de nature à couler les Concessions. En temps de crise, mais aussi par tous les temps.
On y reviendra.
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