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13.10.2008

Il y a un marché; il faut savoir y vendre des automobiles

La crise n'a pas le pouvoir d'annuller le marché automobile; elle peut le transformer et l'amoindrir, comme c'est le cas aujourd'hui. Mais, puisque le marché existe, il y a sur ce marché des Constructeurs qui gagnent et des Constructeurs qui perdent (de l'argent et des volumes), en fonction de ce que les Consommateurs choisissent . Rien n'est jamais immobile. Ce qui se passe aujourd'hui témoigne en tout cas de l'absence d'une stratégie commerciale efficace des Constructeurs dans un marché en crise: La preuve en est que tous font la meme chose, et que ce qu'ils font n'est rien d'autre que ce qu'ils faisaient quand le marché était en meilleure santé, c'est à dire plus prévisible et plus stable. C'est un peu comme si on gardait le meme régime alimentaire qu'en temps normal lorsqu'on souffre d'indigestion.

Commençons par le marché. Il change brusquement, c'est entendu. Mais le connait-on ? La question n'est pas oiseuse: le lancement des véhicules low cost a démontré qu'il existait un marché latent, constitué de personnes n'ayant pas accès à la voiture neuve chère et sophistiquée, pour des raisons économiques et pratiques à la fois. Personne n'avait l'air de le savoir. Aujourd'hui, il est certain que nombre de Consommateurs sont en train de modifier leurs habitudes et de changer d'avis quant aux automobiles qu'ils voudraient bien posséder. Il n'est pas du tout certain que les instruments d'analyse habituels dont dispose la profession soient suffisants pour saisir les changements en cours. Et il est tout aussi évident que des pans entiers du marché automobile latent, constitués de Consommateurs qui voudraient autre chose que ce qu'on leur propose, en termes de produit, de marketing et de réseaux, sont encore une terre à découvrir. Il nous manque un Continent.

Mais ce qui manque le plus aux Constructeurs, c'est la capacité de tirer parti de la crise en cours. Dans un marché de 2 000 000 d'unités, meme s'il était en chute de 30%, on peut gagner, et creuser l'écart avec les Concurrents: il y a largement de quoi faire, y compris contre ceux qui ont de nouveaux modèles qui marchent lorsqu'on n'en a pas. C'est, bien entendu, une affaire de parts de marché à conquérir, puisque le marché se restreint. La condition nécessaire et suffisante pour y parvenir est d'agir en rupture par rapport au passé et aux concurrents, en sachant profiter des erreurs que ceux ci commettent. Précisément parce qu'ils n'ont aucune idée
de ce que peut etre une politique commerciale anti crise.