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26.09.2008

Trop de Constructeurs européens...

On sait qu'il y a trop de marques européennes, et pas seulement européennes. Chacun connait le nom de celles qui ne survivent que parce qu'on ne sait pas trop comment s'en débarrasser, mais il serait cruel de les citer: elles ont une histoire comme, avant elles, Panhard ou Rosengart. Il y a aussi des marques qui devraient naitre, comme une Premium française, par exemple. Et les Constructeurs ? Il y a sans doute trop de Constructeurs européens, et une partie des difficultés du secteur vient de là. Renault et PSA en France, Fiat en Italie, Volkswagen AG, BMW et Mercedes en Allemagne, cela fait six Groupes pour un marché européen à peu près équivalent, en nombre d'immatriculations, au marché des Etats Unis, où les Constructeurs nationaux sont trois seulement: Ford, GM et Chrysler.

On dira quel monde est globalisé, et c'est un truisme plus qu'une simple vérité. On en déduira qu'il n'y a pas lieu de parler de marchés nationaux, et encore moins de Constructeurs européens, et on se trompera. Assez lourdement, à dire le vrai. A force de se concurrencer entre eux sur le marché européen, les Constructeurs du Continent laissent en effet passer une double opportunité qui ne se représentera pas: il s'agit, d'une part, de l'éclipse momentanée des Constructeurs américains; et de l'autre de l'absence provisoire des nouveaux concurrents asiatiques. Stratégiquement parlant, tout se passerait mieux si les Constructeurs européens n'étaient que trois, et si chacun d'entre eux détenait grosso modo 20 à 30 % du marché européen. Ceci ne nuirait pas à la concurrence, et donnerait aux intéressés le confort que peut assurer un marché national bien tenu. Les Constructeurs japonais ont obtenu ce meme résultat d'une autre façon et à un autre niveau, puisque leur part de marché globale au Japon est de plus de 90%. Ils ne s'en portent pas trop mal au niveau mondial. Le monde, certes, est globalisé. Mais il vaut mieux compter sur un marché national (l'Europe, en l'occurence) solidement
défendu, pour affronter les défis des marchés extérieurs.

Il ne s'agirait nullement de renoncer à d'autres regroupements, transcontinentaux, mais plutot de les promouvoir en partant d'une situation de force. Ce n'est pas ce qui est en train de se passer, meme si l'alliance Renault Nissan est un indéniable succès.

Et si on analysait ce qui s'est passé pour les Compagnies aériennes ces dernières années? Par exemple, l'extraordinaire exploit d'Air France-KLM... qui n'a pas fini de surprendre, semble-t-il. C'est un succès européen,
rationnellemnt construit.