« suite de la note précédente | Page d'accueil | Vers une nouvelle politique de distribution ? »
23.08.2008
Vers des gammes de modeles plus rationnelles ?
Les crises peuvent etre porteuses d'une sagesse qui, sans elles, aurait eu du mal à se manifester. Il est vraisemblable, par exemple, que les Constructeurs avaient commencé à comprendre qu'ils s'enferraient de plus en plus irrationnement dans leur politique d'explosion de l'offre. Mais personne ne le disait, et personne ne bougeait. De cross over en cross over, l'emballement de l'offre continuait, et on avait inventé tous les sous segments que l'imagination des ingénieurs et des commerçants pouvait élaborer. La demande, elle, ne bougeait pas. C'était le meilleur moyen, pour tous, de perdre de l'argent. On en perdit. C'était hier.
"Comme le soir tombait", la crise arriva enfin. Et on décida, chez plus d'un Constructeur, qu'il allait falloir réduire
les ambitieux programmes de multiplication des modèles, qu'on avait pourtant claironnés. On renonça, sans doute à contrecoeur, à de nouvelles merveilles métalliques, qui auraient eu autant de mal que celles qui existent déjà à passer des salons d'exposition à l'asphalte. Ceux qui, comme nous meme, aiment l'automobile, espèrent qu'il ne s'agira pas d'une parenthèse, et qu'on s'en tiendra, pour longtemps, à cette nouvelle sagesse, faite de retenue et de prise en compte de la réalité du marché.
Il faut proposer au public ce qui correspond à ses besoins et à ses désirs ; si ceux-ci sont latents, il faut faire l'effort de délaisser le mécanisme répétitif et auto référentiel qui a conduit à la gabegie actuelle; et il faut s'efforcer de comprendre ce qui se vendra, et à qui. Banal, n'est-ce pas ? C'est pourtant ce qu'on avait oublié depuis des années, comme si l'enjeu véritable était la multiplication des modèles ("ma gamme est plus étoffée que la tienne" ; "je couvre tous les segments") et non la recherche d'une nouvelle rentabilité à travers une gamme rationnelle et vendable. Vendable à des clients réels, pas à ceux de "second life".
Le succès d'un Constructeur ne dépend-il pas, au fond, de la cohérence de son offre ? Cohérence avec son image; avec l'extension raisonnable des cibles auxquelles il peut s'adresser de façon crédible ; avec son outil de distribution... et avec les moyens qu'il est en état de déployer.
Aujourd'hui, il faut vendre de moins en moins cher ce qui coute de plus en plus cher (l'automobile). Faute d'imagination, on n'y parviendra pas: l'imagination commence par la gamme et par les réseaux. Les vieilles
recettes n'ont plus cours.
16:46 Publié dans Constructeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


