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22.06.2008
Le petrole, le Co2 et les Premium
Le pétrole coute cher, la Communauté européenne impose des limites aux émanations de Co2, et les Malus font mal, sinon pourquoi les appellerait-on comme ça? On voit donc que des jours difficiles attendent les grosses cylindrées, et qu'il est bon d'en vendre des petites. D'accord. Mais pour un Constructeur français, il vaudrait mieux disposer d' une marque Premium, quoi qu'il arrive, plutot que de continuer à ne vendre que des choses moins chères et moins rentables.
Pourquoi? D'abord, parce que le renoncement annoncé des clients Premium ne va concerner qu'une faible partie de ceux-ci, et pour pas longtemps. Il y aura peut etre quelques pertes définitives, parmi les acquéreurs qui n'ont accédé aux modèles Premium que grace à la descente en gamme des Constructeurs allemands. conjuguée à un prix du baril paradisiaque. Mais les autres... s'ils font un sacrifice que personne ne leur demande vraiment, ils n'auront de cesse que de revenir à leurs anciennes amours: il est plus difficile de renoncer à un privilège que d'y accéder pour la première fois.
Ensuite, parce que juste en dessous, sur les modèles de repli des ex cliente Premium, la bataille va faire rage. Chaque Constructeur généraliste va vouloir profiter de l'aubaine d'une clientèle en descente vers l'enfer du commun, et offrir plus de remises que son voisin. La rentabilité des Constructeurs concernés ne s'en trouvera pas bien du tout.
La vraie question est de savoir si les Constructeurs français vont etre capables de définir, produire et commercialiser une marque Premium, sans commetttre l'erreur germanique de la descente en gamme pour poursuivre des volumes qu'ils font par ailleurs avec leurs gammes "normales". De toute façon, la restructuration du marché induite par le cout de l'essence et la limitation du Co2 ne va pas permettre aux Constructeurs de dégager des marges mirobolantes. Ils vont devoir non seulement s'entredéchirer sur le marché, mais aussi
réinventer leur gamme. Ce n'est pas si simple... à quoi renoncer pour satisfaire un client morose ?
Autant vaut etre riche et bien portant.
17:11 Publié dans Constructeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.06.2008
Réinventer l'automobile... ou la distribution?
Les Constructeurs ont inventé presque tous les modèles possibles, y compris ceux qui ne se vendent pas. Il faudrait sans doute élaguer un peu, mais on a peur de laisser la place aux Concurrents, ce qui est une façon de ne pas sortir de l'auberge après avoir abondamment payé l'addition. Il était une fois les 4X4, les Coupés, les Cabriolets et autres objets merveilleux; puis vint la hausse des prix du gazole et de l'essence, et les sens obligatoires devinrent interdits grace au Malus: tout ce qui est cher est rare. Aujourd'hui, on (re) découvre à juste titre les voitures à bas cout, et à un titre moins juste les voitures électriques; on insiste aussi sur les hybrides. On fait de tout pour faire baisser les prix et les couts d'utilisation: c'est bien; il est meme un peu tard. Mais est-ce seulement cela qu'il faut faire?
L'automobile est un objet métallique (pas toujours) qui sert à transporter personnes et objets d'un endroit à un autre. Les personnes étant sujettes à des conditionnements divers dans le temps et à des sautes d'humeur imprévisibles, on peut penser qu'on doit produire de tout, pour éviter de perdre une miette de marché. C'est faux: il faut produire ce qui est rentable, ce qu'on sait faire et ce pour quoi on est crédible. Et puis, il faut comprendre q'on ne vend pas n'importe quoi n'importe où. C'est là qu'intervient la distribution, qui n'a pas évolué
depuis un peu plus d'un siècle.
A chaque modèle correspondent quelques clusters de clientèle (parfois un seul); à chaque cluster devrait correspondre un type de canal ou d'entreprise de distribution. Un exemple rarement pris en compte: les générations les plus récentes n'ont rien à cirer d'une belle vitrine: elles préfèrent les écrans. Quel est le poids du commerce électronique dans l'automobile ? Environ rien du tout. La voie traditionnelle peut etre résumée en une seule expression: un modèle unique d'entreprise de distribution. C'est le contraire du commerce, et c'est ce qui fait qu'on vend moins de véhicules qu'on ne pourrait dans tous les segments de marché, y compris pour les véhicules "invendables". On paye plus cher pour tenir debout un système archaique, et on est à la merci du moindre sursaut de baril. Alors, on réinvente l'hydrogène.
15:49 Publié dans Constructeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.06.2008
Luxe à la française, marque premium française
Pourquoi les Consommateurs français qui peuvent se permettre une voiture Premium doivent-ils etre condamnés à rouler en Mercedes, Audi, Bmw, sauf à choisir des marques marginales? Par patriotisme ou esprit de marque, c'est vrai, certains d'entre eux ont choisi des Peugeot, Citroen ou Renault haut de gamme. Mais le choix qu'on leur offre est de ceux qu'on aborde avec réticence: faut-il vraiment pardonner aux Constructeurs nationaux de n'avoir pas eu le courage de s'occuper sérieusement de la question?
Le mythe de l'Allemagne obnubile le monde français de l'automobile, au point qu'on en a fait une référence: on se détermine par rapport aux marques Premium allemandes, soit pour essayer vainement de les battre sur leur propre terrain (Peugeot 607), soit pour s'en écarter (Renault vel-Satis) au point de se retrouver sur la planète Mars, où les automobilistes sont peu nombreux. Et si nous essayions de raisonner froidement?
14:55 Publié dans Constructeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Luxe à la française, marque premium française
Pourquoi les Consommateurs français qui peuvent se permettre une voiture Premium doivent-ils etre condamnés à rouler en Mercedes, Audi, Bmw, sauf à choisir des marques marginales? Par patriotisme ou esprit de marque, c'est vrai, certains d'entre eux ont choisi des Peugeot, Citroen ou Renault haut de gamme. Mais le choix qu'on leur offre est de ceux qu'on aborde avec réticence: faut-il vraiment pardonner aux Constructeurs nationaux de n'avoir pas eu le courage de s'occuper sérieusement de la question?
Le mythe de l'Allemagne obnubile le monde français de l'automobile, au point qu'on en a fait une référence: on se détermine par rapport aux marques Premium allemandes, soit pour essayer vainement de les battre sur leur propre terrain (Peugeot 607), soit pour s'en écarter (Renault vel-Satis) au point de se retrouver sur la planète Mars, où les automobilistes sont peu nombreux. Et si nous essayions de raisonner froidement?
Les voitures Premium allemandes ont le défaut majeur d'etre prétentieusement banales et répétitives. Leur technologie est moins imbattable qu'on ne l'imagine, et l'ennui règne souverain dans le silence esthétique de leurs intérieurs dignes d'un salon du meuble des années 50. Est- ce de cela qu'il faut avoir peur? On dira qu'il y a l'image des marques en question, et on aura partiellement raison. Mais les Consommateurs affligés de leur énième Audi, Bmw ou Mercedes ne sont pas tous des fidèles inconditionnels des marques allemandes. Ils le sont
parce qu'il n'y a rien d'autre qui leur soit offert.
L'automobile française peut-elle leur offrir quelque chose ? Elle peut leur offrir le luxe à la française, dont nous avons abondamment disserté sur ce Blog il y a quelque temps. Mais il faudrait pour cela se souvenir du fait que celui-ci nous est naturellement reconnu de par le vaste monde, et dans les domaines les plus divers. L' Allemagne, pas plus que le Japon ou la Suède, n'est une référence de ce point de vue. Il y a simplement un complexe national à éliminer ("Ah! les voitures allemandes!"), et un défaut national à mettre en valeur,qui est
de nous considérer, dans ce cas à juste titre, meilleurs que les autres. Comme pour la cuisine et la littérature.
PSA et Renault savent faire des voitures;il leur reste à admettre qu'ils sauraient faire, aussi bien et mieux que d'autres, des voitures de prestige, élégamment luxueuses et pas prétentieuses du tout.
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