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22.04.2008
Une Concurrence virulente mais anémique.
Le monde de l'automobile souffre d'une affection qu'on pourrait appeler concurrence virulente et anémique. Il la supporte mal et ne l'exerce que dans l'effort, si ce n'est dans la médiocrité. Que la concurrence soit virulente ne fait aucun doute: tout Consommateur est assailli, sur tous les médias, par des campagnes promotionnelles à n'en plus finir, des promesses ahurissantes, une attention chaleureusement tartuffesque à tout ce dont il pourrait rever. Mais cette concurrence-là est aussi anémique: elle manque de santé, de couleurs (celles de l'originalité), et, tout compte fait, d'intéret. Il en résulte un panorama morne mais turbulent ("Waterloo, Waterloo, Waterloo, morne plaine, comme une onde qui bout...") où chacun des Responsables de marque, après avoir examiné les autres, propose des choses analogues sinon identiques. Bref, on s'étripe dans l'ennui.
Pourtant, l'automobile mérite mieux que ça. Le mal, puisque c'est un mal, vient du fait qu'on reste persuadé que seul le produit compte. C'est simple: si un modèle est réussi, il se vendra tout seul, et si on multiplie les modèles réussis, on a gagné. Il faut tout simlement lancer plus de nouveaux modèles que les autres,après les avoir bien conçus. Et si cette brillante stratégie, qui a l'inconvénient d'etre appliquée par tout le monde, ne réussit pas , que fera-t-on? Là aussi, aucun mystère: on fera de la promotion, des remises, de la pub et de l'animation des réseaux. Et si ça ne marche toujours pas? On en rajoutera, à moins qu'il ne soit préférable de changer de cheval (pardon: il s'agit d'etres humains) sur le terrain ou dans les bureaux. Tel semble etre l'état de la science. Et pourtant... on se posera une question.
La méconnaissance, teintée de mépris, du commerce n'est elle pas à l'origine de la Concurrence telle qu'elle s'exerce ? Nous sommes de l'avis que là réside l'essentiel du problème. il n'y a pas que le produit, il y a aussi les canaux de vente ou, si on préfère, les Réseaux, au sens le plus large. Et chaque modèle devrait etre pensé en meme temps que le réseau qui va avec. Ce n'est jamais une donnée acquise a priori. Prenons un exemple: soit le modèle trucmuche (quelle imagination...) qu'on renouvelle après cinq ans d'existence. Sa clientèle aura évolué entre temps, les nouveaux venus d'aujourd'hui ayant d'autres paramètres que les "nouveaux venus" d'il y a cinq ans. On retrouvera aussi, bien sur, quelques renouvelants. Mais ils auront, eux aussi, évolué: on peut, par exemple, découvrir les délices de l'Internet à cinquante ans; ou bien s'apercevoir de l'intéret d'un lieu d'achat moins somptueux que celui où, faute de mieux, il fallait bien se rendre, etc... Tout au long de cahque gamme, une réflexion est nécessaire avant lancement. Une vraie réflexion, pas une pseudo solution cuite dans un four à micro ondes. D'habitude, par paresse intellectuelle, on confie toute la gamme d'une marque à un meme Réseau. Dans la meilleure des hypothèses,on réserve au modèle dernier né un angle spécifique et bien balisé. Formidable, c'est comme ça qu'on tue dans l'oeuf une Phaeton, par exemple.
Au fond, notre microcosme automobile méprise les Consommateurs: nous préférons les acheter que les comprendre.
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