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17.04.2008

PSA, Renault, Fiat, les plans et la crise

Fin Mars 08, rien ne va plus. Trois Constructeurs ont parié il y a un an ou deux sur la reprise de leurs ventes, grace au lancement d'une quantité impressionnante de nouveaux modèles en un court laps de temps (quelques années). La crise du marché européen, dont on espère qu'elle sera passagère, ne va pas les aider; mais il était de toute façon peu vraisemblable que leurs efforts soient couronnés de succès. Certes, il n'y a pas que L'Europe, il y a le Bric (Brésil, Inde, Chine), les Etats Unis et quelques autres lieux encore. Mais il est impossible à chacun des trois Constructeurs en question de faire l'impasse sur l'Europe, ne serait-ce que parce qu'ils y vendent une bonne partie de leur production. Et en Europe, malgré quelques résultats d'immatriculation acceptables au fil des mois, ils ne gagnent pratiquement pas de terrain. Les plna d'expansion étaient-ils tirés sur la Comète?

Voyons quelques chiffres (VP seulement): sur le premier trimestre de cette année, PSA accuse une baisse de volumes de plus de 26 000 unités (Europe des 27 plus AELE); Renault progresse de 6 000 unités environ, grace a Dacia; et Fiat a perdu plus de 13 000 immatriculations. la question n'est pas, ici, de savoir si les résultats des trois Constructeurs sont ou non explicables par la baisse du marché (ils ne le sont qu'en partie) mais de constater qu'il faudra trouver ailleurs, ou plus tard, les volumes, chiffrables en centaines de milliers de véhicules, qui étaient inscrits dans les plans, et qui devaient/devraient/devront un jour se traduire en résultats financiers. Pour le moment, on n'en a pas pris le chemin.

Le monde est vaste, comme disait Magellan. Renault trouvera des volumes en Russie, Fiat en a déjà trouvés au Brésil, et la nouvelle Asie (inde, Chine, Vietnam...) est là pour tout le monde. Mais il y a quelque chose qui ne cadre pas avec les prévisions, pour chacun des trois Groupes: c'est le fait que de nouveaux modèles ont bien été lancés, sans pour autant faire les miracles qui avaient été annoncés. Le marché européen ayant baissé... de 1,7%(!) sur le premier trimestre, on ne va pas tout de meme pas l'accuser d'etre à l'origine du retard qu'ont pris les trois Constructeurs. En fait, si le miracle ne s'est pas produit, c'est tout simplement parce qu'il s'agit d'un événement plutot rare. Il fallait s'y attendre. Les raisons en sont simples, on les a déjà énoncées dans le passé, nous allons les rappeler, avec modestie et sans aucune fierté d'auteur.

La première tient au fait que tous les Constructeurs lancent des quantités déraisonnables de nouveaux modèles tous les ans: ni PSA, ni Renault, ni Fiat ne font exception... on ne voit donc pas pourquoi ceci leur permettrait de
prendre des parts de marché, donc des volumes, à leurs concurrents. Pour tous les Constructeurs, il y a des modèles réussis, et d'autres qui ne le sont pas. Le jeu étant à somme nulle (le marché n'augmente pas), tout progrès d'un Constructeur s'effectue au détriment des autres; et il se trouve que nos trois mousquetaires n'ont rien grignoté à personne. Il y a de fortes chances que ça continue dans les mois à venir, avec des hauts et des bas. Sauf si la stratégie des Constructeurs dont nous nous occupons comprenait d'autres volets, encore non dévoilés. En clair, les nouveaux modèles ne suffisent pas, sauf s'ils s'accompagnent d'une stratégie innovante en matière de distribution. C'est peu probable.

La deuxième raison de l'insuccès provisoire des trois Constructeurs est donc liée au fait qu'ils n'on rien inventé en ce qui concerne les réseaux de vente. Non seulement il n'y a rien de neuf, mais on n'a pas respecté les opérateurs du marché, ni les habitudes des Consommateurs. Il ne sert à rien de lancer des modèles en rafale, si les Concessonnnaires et leurs Vendeurs ne peuvent en gérer qu'un à la fois. C'est comme ça qu'on empeche le plein essor d'un modèle réussi, sans pour autant revitaliser un véhicule raté.

Les Plans risquent de devenir élastiques et extensibles. Indépendamment de la crise du marché.