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21.03.2008

Marques Premium en Europe: un grand marché

Les marques Premium comptent-elles sur le marché européen? Si l'on prend l'Europe des 27, les ststistiques du CCFA nous indiquent que le marché des marques Premium (celles que nous avons retenues dans notre note précédente uniquement, ce qui signifie que nous estimons le matché Premium par défaut) ont immatriculé en 2007 plus de 2 750 000 unités, soit plus de 17% du marché européen. C'est surtout nettement plus que le total des voitures immatriculées en France la meme année ! Si l'on raisonnait en chiffre d'affaires ou en marges, l'écart serait encore plus important, bien entendu. Alors, peut-on décemment ignorer ce marché transversal des voitures haut de gamme si l'on est un grand constructeur, et notamment un constructeur français ? Ceux ci ne sont-ils pas à la recherche de marges plus substantielles que celles qu'ils réalisent avec leurs "petites" voitures?

Pour bien situer la question, il faut aussi prendre en compte... le reste du monde, notamment les Etats Unis, l'Asie (Chine , Inde), la Russie, le Brésil. Le potentiel des marques Premium y est d'autant plus important que l'on a affaire en général à une clientèle peu sujette aux crises économiques, pour utiliser un euphémisme. On pourra objecter qu'en Europe comme ailleurs, l'image des marques déjà implantées, et notamment celle des marques qui parlent allemand, rendrait la vie difficile à tout nouveau venu. En est-on bien surs? Ce type de vérité vient de loin (dans le temps), et sa principale vertu est de ne pas toubler le sommeil des managers de l'automobile: on ne fait rien, parce qu'il y a un gros risque. Enfin, c'est ce qu'on dit.

En fait, il ya surtout une stratégie à développer. Revenons en Europe: Renault et PSA ensemble pèsent 22% environ du marché toutes marques européens. Le but à atteindre sur le marché Premium (sur une période de dix ans?) se situerait donc, en respectant la meme pénétration que sur le marché total, d'environ 550 000 véhicules, à répartir entre les deux Constructeurs: impossible, parce qu'en divisant ce nombre par dix modèles (cinq pour chaque Constructeur, en supposant qu'on ne veuille pas imaginer que Citroen et Peugeot aient chacun leur gamme Premium!) le volume moyen de chaque modèle serait en dessous de toute hypothèse de rentabilité "Premium". On ferait beaucoup d'efforts pour des marges semblables à celles d'une Clio ou 207, voire moins bien. Heureusement, on peut etre à la fois concurrents et partenaires.

Car a priori, il n'y a pas d'autre solution qu'un partenariat entre les deux Constructeurs français, pour produire et commercialiser sous une marque commune et dans un seul réseau une gamme de voitures Premium. Encore faudrait-il, dira-t-on encore, que les clients Mercedes , BMW ou Audi veuillent bien prendre en considération une marque française nouvelle venue sur le marché. Ici, il et vivement conseillé de ne pas se prendre les pieds dans les stéréotypes d'un autre age: un client des marques sus dites n'a pas signé un contrat d'exclusivité avec une seule marque. Il en changera si on lui propose un modèle qui l'intéresse vraiment. Si on sait lui parler. Et si le réseau où on lui demande de se rendre lui agrée.

On est loin, très loin, des sentiers battus.