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30.10.2007
Plans inclinés
Pourquoi les Constructeurs en difficulté ressentent-ils le besoin de publier leurs plans stratégiques de retour à la croissance? En un premier temps, ceux-ci ont une double vertu: ils rassurent et mobilisent. Ils rassurent les actionnaires, et ils mobilisent les dirigeants de l'Entreprise. Si tant est que les media prennent le relais, comme c'est presque toujours le cas, ils améliorent aussi l'image de l'Entreprise concernée dans le public. On devrait donc avoir une convergence d'effets virtueux, puisque le public achète des voitures, les actionnaires ne vendent pas leurs actions, les dirigeants s'engagent à réaliser leurs objectifs.
Oui, mais rien n'étant aussi difficile à prévoir que l'avenir, les plans sont souvent démentis par les faits. Dans ce cas, ce qui passait pour dynamisme entrepreneurial devient velléitarisme ou rodomantade selon le cas. D'autant que ceux qui, parmi les Constructeurs, se portent mieux que les autres, ont généralement une moindre tendance à l'emphase. Il leur suffit, pour gagner, de ne pas perdre: s'ils conservent leurs parts de marché, leurs volumes (et accessoirement leurs bénéfices) , c'est que leur concurrents "planificateurs"n'ont pas empiété sur leur terrain.
Inversement, ceux qui annoncent à l'avance des résultats éblouissants sont déjà perdants s'ils ne progressent pas au rythme prévu. Il leur faut alors expliquer l'insuffisance de leurs résultats, et annoncer que les prouesses prévues pour hier auront bien lieu, mais demain. Ce qui n'est plus vraiment crédible.Bref, meme s'ils travaillent bien, on doute de leur sérieux. Et s'ils se trompent deux fois de suite, bonjour les dégats d'image. Ceci revient à dire que les mots pèsent lourd, surtout s'il concernent l'avenir.
Pourrait-on remonter la pente sans annoncer un plan volontariste? Sans doute, mais l'exercice est difficile, pour des raisons inverses de celles qu'on a cité au début. Les actionnaires exigent des prévisions, les dirigeants aussi, et le public suit de près les déboires qu'on lui relate. Le choix, pour un Constructeur semble donc se résumer à une seule alternative: donner l'impression de ne pas savoir où aller ni quoi faire; ou bien etre considéré comme
un vendeur de faux espoirs. Il y a bien une voie médiane: elle consisterait à dire qu'on travaille pour s'en sortir, et qu'on ne parlera que des résultats obtenus,après leur réalisation. Au début, personne ne serait content et l'Ego
des taumaturges en souffrirait. Les premiers chiffres positifs compenseraient largement tout cela.
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