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14.05.2007
Groupe monomarque? Non, si possible.
Est-il sage, commercialement parlant, d'investir sur une seule marque? Et qui plus est, si l'on est un investisseur
fortuné, d'ouvrir plusieurs concessions d'une meme marque ? Non, deux fois non. A part la sagesse populaire (tous les oeufs dans un meme panier, etc.), il y a à cela des raisons très spécifiques du secteur automobile, qui doivent d'ailleurs etre vues en tenant compte des tendances actuelles de la Commission européenne.
Commençons par le secteur automobile en tant que tel. Aucune marque, fut-elle parmi les plus performantes depuis des années (vous avez dit BMW? entre autres, bien entendu), n'est à l'abri d'un recul sur le marché, voire
d'une descente aux enfers (ici, vous avez dit Renault ? entre autres, etc.). Ce qui est plus grave est cependant
ailleurs: en se liant à une seule marque, ou surtout à une marque donnée, un investisseur fait un choix à la fois anti commercial et anti économique. Anti commercial, parce que, comme prévu, le commerce multimarque
va s'imposer, conformément aux attentes des Consommateurs, y compris ceux des marques "Premium". On sait bien qu'un client Mecedes ou Audi ou Bmw serait très satisfait de trouver les trois marques sous un meme toit; idem pour Renault, Peugeot, Citroen; etc. Le Groupe monomarque est aussi anti économique, parce qu'il ne permet pas à l'investisseur de faire jouer la concurrence entre plusieurs marques, notamment dans ses relations
avec... le fournisseur unique.
On objectera que le Groupe monomarque permet de réduire la concurrence intra marque; et qu'il permet à l'investisseur d'entretenir des relations privilégiées avec la marque représentée. Attention, danger! d'abord, la concurrence intra marque renait dès qu'il y a des difficultés; mais, et c'est surout cela qui compte, le fournisseur unique est le seul maitre à bord. Si l'envie lui en prend, il pourra (on le sait, n'est-ce pas?) mettre le Groupe en
difficulté, et éventuellement le racheter à 51% au moment le plus opportun. Ceci est particulièrement vrai dans les cas où quelques Groupes monomarques seulement (dix ou quinze) représentent la marque sur le marché. Dans ce cas, le Constructeur peut passer progressivement à un controle total de l'outil de distribution...
Et la Commission européenne, dans tout ça? Non seulement elle ne peut pas faire grand chose si les opérations sont menées selon les règles, mais elle semble preter, depuis quelque temps, une oreille plus attentive aux
argumentations des Constructeurs... d'autant que le dynamisme du CECRA est le meme qu'en 2002.
Voilà de quoi réfléchir, avant de devoir s'inquiéter.
09:56 Publié dans Réseaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


