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13.02.2007

Commerce et stagnation

Les marques françaises, qui jouissaient d'une santé enviable il y a deux ans, peinent aujourd'hui à défendre leur
position sur leur marché national (ça existe encore? Hélas oui.) et sur l'Europe, qui est l'un des trois marchés qui comptent aussi bien dans le cout terme que pour l'avenir prévisible. Bien sur, l'Asie ; bien sur, les ventes rentables seulement, bien sur les plans de relance: on connait toutes les réponses avant d'avoir posé les questions. N'empeche: ça ne va pas très bien. On aurait tort de chercher un bouc émissaire, pour la simple raison qu'on se trouverait face à un véritable troupeau. Tenons nous en donc à quelques considérations objectives, ce qui ne veut pas dire qu'elles soient admises par tout le monde.

Le Commerce automobile est encore trop figé, trop prisonnier de ses schémas d'avant guerre (des prix). Par conséquent, les vainqueurs sur les marchés sont les Constructeurs qui jouissent d'un avantage prix/produit et/ou d'une puissance financière supérieure à celle de leurs concurrents. Les Constructeurs français n'appartiennent pas à ce club, pour le moment en tout cas . Ils auraient pu compenser ce handicap, qu'on espère de courte durée, en prenant les devants dans le Commerce et plus précisément la Distribution. La France, qui a été à l'avant garde de la distribution dans tous les autres domaines, n'a pas su utiliser cette arme qu'est sa capacité d'innovation commerciale, dans l'automobile. On ne fait pas plus mal que les autres, mais on ne fait pas mieux.

S'agit-il de tout casser? Pas la peine: la montée en puissance de la compétitivité sur le marché se chargera de modifier les équilibres. Disons simplement que l'outil de distribution est archaique et couteux; il est, en outre, frileux et peu évolutif. Reprenons le cas des ventes directes sur Internet de la part d'un Constructeur: la réaction des Concessionnaires a été une levée de boucliers sans doute justifiable dans le court terme. Mais combien d'entre eux ont pris en compte, comme une donnée inévitable, que ce canal de distribution qu'est le commerce électronique, finira par etre libéralisé un jour? Plus radicalement, la Distribution souffre du fait qu'on n'a affaire qu'à un seul type d'entreprise: la Concession classique. Or, il serait de l'intéret des Entrepreneurs de la distribution (ils existent; j'en ai rencontré un) comme des Constructeurs de faire naitre et mettre en concurrence
plusieurs types d'entreprises de distribution, de façon à faire baisser les couts et à faire émerger les Entreprises plus efficaces. Il ne sert pas à grand chose d'attendre; d'ailleurs il y a au moins un Constructeur qui a commencé à bouger. Il n'est pas français.