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05.02.2007
Les parts de marché, quelle malédiction!
Nous nous occupons d'automobiles, pas de frigos. Tout est là. personne, sauf quelques professionnels et quelques rares investisseurs, ne s'occupe des parts de la marque X ou Y dans le marché des réfrigérateurs ou celui de la crème à raser. C'est la norme.
Mais dans l'automobile, ça se passe autrement. Tous les commerçants du secteur, (sauf un?) s'en inquiètent; leur hiérarchie aussi. Et le public s'y intéresse. La Presse n'a pas le choix: il faut qu'elle en parle. De temps en temps, elle essaie bien de ne parler que de l'évolution des immatriculations par rapport à l'année précédente. Mais le public des passionnés de l'automobile fait alors ses calculs tout seul.
Si on ne "tient pas" sa part de marché pendant quelques mois, on glisse doucement vers le monde des perdants. vous aurez beau répéter que ce qui compte, c'est la marge, ou bien la stratégie, ou encore la moralisation des ventes... on vous approuvera du bout des lèvres, et on n'en pensera pas moins.
Personne n'est dupe (sauf un ?). Tous savent que la part de marché, ça compte. C'est presque "la mesure de toutes choses" , et ce sera en tout cas la première explication ne cas d'échec d'une stratégie de relance. On dira : "ils n'ont pas tenu leurs volumes, leur part de marché s'est effondrée, alors forcément..." Forcément, rien du tout, objectera-t-on. Aucune entreprise n'a jamais vécu de sa part de marché. Mais cette constatation ne vaut que dans une seule circonstance, à savoir quand un constructeur perd de l'argent en poussant ses volumes vers le haut. Dans le cas inverse, s'il dégringole en volume , il a toujours objectivement tort, meme s'il gagne de l'argent. Ainsi fonctionne la "vox populi" dans le microcosme.
On n'obligera pas les professionnels, et encore moins les consommateurs à changer de paramètres quand ils jugent du succès ou de l'échec d'un constructeur, d'une marque. Or, le prestige d'un homme pourrait l'amener à penser que tout ça n'a aucune importance, et que tout le monde finira par lui donner raison. C'est très vrai pendant les lunes de miel, et cela dure autant que l'image des succès précédents se perpétue. Il est donc prudent de ne pas perdre trop longtemps, et d'expliquer comment on va faire augmenter les ventes; et puis de bien mettre en lumière les progrès qu'on réalise, en parlant de parts de marché et de volumes. C'est ce qu'a fait le PDG de Fiat, Marchionne. Il venait d'un autre secteur que l'automobile, mais il a vite compris.
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